Regards féministes

Lauréat France du Prix RAJApeople 2026 : ADSF, Agir pour la Santé des Femmes

À l'occasion du Prix RAJApeople 2026, la Fondation RAJA-Danièle Marcovici met à l'honneur ADSF - Agir pour la Santé des Femmes, association lauréate pour la France. À Lille, ADSF accompagne les femmes en situation de grande précarité pour faciliter leur accès aux soins et à leurs droits, en allant à leur rencontre là où elles se trouvent : dans la rue, les hébergements d'urgence, les accueils de jour, grâce à des maraudes pédestres ou véhiculées, notamment avec le Frottis Truck, camion aménagé en cabinet médical. Rencontre avec l'association, à travers les mots de son équipe.

Lauréats Santé

8 juillet 2026

En quelques mots, pouvez-vous nous expliquer ce que fait ADSF pour les femmes en situation de grande précarité ?

À Lille, l’ADSF accompagne les femmes en situation de précarité pour faciliter leur accès aux soins et aux droits. Nous allons à leur rencontre là où elles se trouvent : dans la rue, les hébergements d’urgence, les accueils de jours grâce à des maraudes pédestres ou véhiculées que nous réalisons notamment avec notre camion aménagé en cabinet médical, le Frottis Truck.

Nous accueillons ensuite les femmes, avec ou sans enfants, au Repaire Santé, situé au 162 rue du faubourg des postes à Lille. Il s’agit d’un lieu gratuit, non mixte et sécurisant, totalement dédié à la santé des femmes.

Nous y proposons une évaluation globale de leur situation, un accompagnement personnalisé en santé et des orientations vers les dispositifs de droits communs.

Notre objectif est qu’elles puissent progressivement retrouver un accès autonome à la santé et aux droits.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans les rencontres avec les femmes que vous accompagnez ?

Leur résilience sans hésiter…

Beaucoup de femmes que nous rencontrons ont vécu des parcours extrêmement difficiles : violences, exil, rue, isolement, problème de santé non pris en charge. Pourtant, elles trouvent une force incroyable pour avancer.

Ce qui me marque aussi, c’est que les difficultés d’accès ne sont pas liées à un manque de volonté. Souvent, il faut du temps, une mise en confiance et un accompagnement adapté pour lever tous les freins qui se sont accumulés au fil des années. Quand on prend son temps, les choses deviennent possibles !

Qu’est-ce qui change dans la vie d’une femme après être passée par ADSF ?

L’objectif, c’est qu’elle n’ait plus besoin de nous. Quand une femme quitte l’ADSF, cela signifie qu’elle connaît ses droits, qu’elle sait vers qui se tourner, qu’elle a repris confiance dans le système de soins et qu’elle est davantage actrice de sa santé. Nous ne faisons pas à sa place : nous lui donnons les moyens d’agir par elle-même et à son rythme, pour qu’elle puisse retrouver son autonomie et construire un parcours de soins durable.

Pourquoi est-ce important que ce soit des femmes qui accompagnent des femmes dans ce type de parcours ?

Je ne dirais pas que c’est une obligation mais c’est souvent un facilitateur. Beaucoup des femmes que nous accompagnons ont vécu des violences, ou viennent de cultures où certains sujets sont difficiles à aborder avec des hommes. Le fait d’être accueillies par des professionnelles spécialisées dans la santé des femmes, notamment les sages-femmes, crée souvent un climat de confiance plus rapidement. Les Femmes Repaires (paires-aidantes ayant vécu des parcours similaires) apportent également leur savoir expérientiel et permettent de lever de nombreuses barrières.

Et surtout nous prenons le temps. Nous proposons un accompagnement gratuit, anonyme, sans jugement, centré sur leurs besoins et leur histoire.

C’est cette qualité d’écoute et cette relation de confiance qui font souvent toute la différence.

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