Présentation du projet
Au Bénin, les femmes des villages côtiers de la commune de Ouidah pratiquent depuis des générations une activité de production de sel. Entre janvier et avril, les sols marécageux s’assèchent et deviennent propices à la création de saumure. Traditionnellement, les femmes utilisent le bois de la mangrove pour faire bouillir cette saumure jusqu’à l’évaporation de l’eau afin de ne garder que le sel. Cette étape est particulièrement nocive pour leur santé en raison des fumées qui se dégagent et menace la biodiversité de la région en raison de la coupe intensive de la mangrove. Afin de préserver les berges, les autorités béninoises ont interdit la coupe de mangrove, impactant ainsi le travail des productrices de sel qui ont arrêté leur activité ou ont choisi de s’approvisionner en bois dans d’autres villages.
L’Association Humanitaire pour l’Afrique, particulièrement investie dans cette région au Bénin, a souhaité accompagner ces productrices dans l’évolution de leur pratique de production afin que celle-ci soit plus respectueuse de l’environnement grâce à l’utilisation de bâches solaires pour l’évaporation de l’eau de la saumure. Une première expérimentation avait eu lieu en ce sens en 2002 mais elle n’avait pas réussi à convaincre les productrices de sel. En partenariat avec le CRIPADD, ONG béninoise, et de l’Association des Etangs et Marais de l’Ile de Ré, experte sur la saliculture, AHPA a relancé l’expérience avec de premiers résultats encourageants auprès d’une dizaine de femmes, avant de l’étendre à d’autres salicultrices. La technique employée est plus respectueuse de leur santé et de la biodiversité.