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Soutenir l'entreprenariat des femmes


3 questions à catherine monnier

Catherine Monnier est Déléguée générale du Fonds ADIE pour l’entrepreneuriat populaire. L’ADIE s’est fixé pour objectif de «donner les moyens d’entreprendre à ceux qui n’en ont pas», notamment aux jeunes issus des quartiers défavorisés.

La Fondation RAJA-Danièle Marcovici soutient l’initiative CréaJeunes menée par l’ADIE pour la formation et l’accompagnement de jeunes femmes dans leur projet d’entreprenariat.



quels sont les freins à l'entreprenariat des femmes ?

Des stéréotypes culturels font qu’il est moins naturel pour une femme que pour un homme de créer une entreprise. Le rôle de création d’entreprise, de celui qui amène l’argent dans le foyer est traditionnellement attribué à l’homme dans notre société. D’autres contraintes, de nature sociale, familiale ou économique rendent plus difficile la création d’entreprise pour les femmes.  Entreprendre s’avère bien sûr complexe pour tous, mais encore plus quand on gère à la fois sa vie familiale et sa carrière. A cela s’ajoute une contrainte psychologique que nos études confirment sans ambiguïté : le manque de confiance en soi.

Tout cela constitue pour les femmes une sorte de « montagne » à contourner pour réussir à se lancer dans la création d’entreprise. Et c’est d’autant plus évident que nous accompagnons des femmes en situation de précarité économique, parfois sans emploi ou sans ressources. Autant d’obstacles à surmonter !

Depuis 2013, nous sommes plus attentifs à la prise en compte du genre dans la création d’entreprise et dans notre accompagnement. En France, 30 % des entrepreneurs sont des femmes, mais elles représentent 42% des créateurs d’entreprise accompagnés par l’ADIE. Grâce à une étude que nous avons réalisée sur l’entreprenariat au féminin, nous avons cherché à comprendre ce taux. Et découvert qu’il ne s’explique pas par une meilleure adéquation de notre offre au besoin des femmes. Simplement, nous sommes en face de femmes qui par manque de confiance ou d’ambition portent des petits projets, plus éligibles que ceux des hommes au microcrédit et à l’accompagnement par l’ADIE.  

Pourquoi est-il si important de promouvoir et soutenir l'entreprenariat des femmes ?

C’est absolument essentiel ! L’entreprenariat est une façon de donner aux femmes la place qu’elles méritent dans la société. C’est aussi une manière d’améliorer leur image en mettant en avant des modèles qui s’affirment, gèrent leur vie et réussissent. Cela va au-delà de l’insertion économique !

Pour de nombreuses femmes en situation de précarité, il n’y a pas d’alternative. Si on veut les aider à s’en sortir, il faut leur permettre d’entreprendre. Les femmes que nous accompagnons sont souvent seules, en situation de précarité économique, et n’ont donc pas les moyens de faire garder leurs enfants. Elles doivent créer de chez elles, ce qui leur permet d’élever leurs enfants tout en développant leur activité.

Il n’y aucune raison que les femmes ne créent pas d’entreprise. Elles ont les mêmes capacités que les hommes. Je suis souvent impressionnée par des femmes créatrices que je croise : elles partent dans un environnement personnel peu favorable, mais elles ont la détermination et l’énergie pour y arriver ; et elles réussissent !

De quel accompagnement les femmes ont-elles besoin pour oser se lancer dans l'aventure entrepreneuriale, et réussir ?

Il faut d’abord travailler sur le manque de confiance des femmes, par exemple à travers une communication qui valorise des modèles de femmes qui ont réussi. Les créatrices sont beaucoup plus demandeuses de soutien que les hommes du fait de ce déficit de confiance. La perspective d’avoir quelqu’un qui les accompagne est essentielle.Conscientes des difficultés liées à la réalisation de leur projet, elles sont davantage volontaires pour s’investir dans une formation ou un accompagnement dans la durée.

Il faut également travailler sur l’image que nous renvoyons collectivement, et souvent inconsciemment, à ces femmes, et notamment l’idée préconçue selon laquelle un projet d’entreprise porté par une femme serait moins sérieux. Prenons un exemple : dans le monde de l’entreprise, il ne viendrait pas à l’idée d’un recruteur de demander à un homme combien il veut d’enfants.... C’est ce type de comportement que nous voulons éviter. Car demander à une femme qui veut entreprendre « Comment allez-vous faire pour « tout » gérer… ?» la renvoie à son état de mère et l’éloigne de manière insidieuse de son projet d’entreprenariat.

Nous travaillons également avec d’autres réseaux pour diffuser ces bonnes pratiques, et faire en sorte que de plus en plus les femmes reçoivent un accueil et un accompagnement de qualité ainsi qu’une reconnaissance à la hauteur de leur mérite.


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